Pour l'hébergement des femmes victimes de violences conjugales, c'est bien souvent l'hôtel qui était envisagé. «Mais elles se retrouvaient isolées», a indiqué, hier, Bernard Botet, directeur d'Aude urgence accueil (AUA). C'est pour répondre à cette situation qu'un dispositif d'hébergement d'urgence femmes a été mis en place. Il a été présenté, hier, à quelques jours de la journée internationale d'élimination de la violence à l'égard des femmes (ce samedi) par le préfet Alain Thirion, en présence de Bernard Canonge, président d'AUA, et de Marie-Christine Munoz, présidente du centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF).

Quatorze nouvelles places d'urgence ont été ouvertes pour la prise en charge de ce public. Elles sont réparties dans sept logements, situés à Carcassonne, et gérés par AUA en partenariat avec le CIDFF. Deux éducateurs soutenus par une coordinatrice y interviendront à temps partiel.

Les admissions dans ces logements s'effectueront par le service intégré d'accueil et d'orientation (SIAO), chargé de la gestion, pour tout le département, des 500 places d'hébergement d'urgence, auxquelles se rajoutent ces 14 places spécifiques.

«Nous allons évaluer ce dispositif avant peut-être de l'étendre dans d'autres villes du département», a précisé Bernard Botet. Carcassonne était la ville où la demande pour ce type d'hébergement était la plus forte.

Ces hébergements ne sont que temporaires avant une réorientation, par exemple, vers un logement social pour une solution plus pérenne.

Dans l'Aude, en 2016, le SIAO, qui gère le 115 (pour le logement d'urgence), a recensé 109 ménages concernés par des problèmes d'hébergement suite à des violences conjugales. L'année dernière, 43 femmes victimes de violences ont été hébergées à l'hôtel, mais un tiers avait quitté ce logement sans donner de nouvelles. Ces hébergements devraient permettre de mieux suivre ces personnes en détresse.

LADEPECHE.fr